Déambulation 5. Vitrine populaire

Bell a changé son logo. Big deal. Ça reste la même compagnie, et le signe Bell arboré au sommet de la tour sur Jean-Talon est encore écrit avec la même vieille police. Pourtant, le changement fait son effet. Petite polémique publicitaire (à mon sens un peu niaise) : le nouveau logo serait bien trop similaire à celui de la compagnie d’ordinateurs Dell. Pourquoi personne n’a rien dit auparavant au sujet de la sonorité ? La confusion n’était peut-être pas assez visuelle…

Le changement de logo s’accompagne avec une campagne de publicité des plus… visuelles, justement. L’idée est classique : une énorme affiche blanche avec des formes géométriques bleues dans le coin, et une phrase qui devrait attirer l’attention : « Seul le samedi soir. » Publicité mystère devant laquelle ceux qui mordent à l’hameçon se disent « on ne voit même pas le nom de la compagnie, faudrait aller voir c’est quoi. » Ceux-là n’ont pas compris que la petite forme géométrique est une partie du nouveau logo, si bien qu’une fois toutes les publicités rassemblées, le nouveau logo apparaît comme un casse-tête des plus réussis. Loin de moi l’idée de célébrer l’ingéniosité supposée de cette campagne publicitaire (quelqu’un d’autre l’a fait sur Facebook en créant un groupe à ce sujet, dans lequel sont affichées les photos dudit casse-tête résolu… un autre groupe sur Facebook auquel j’ai refusé de participer), mais cette campagne m’avait donné l’idée de faire une nouvelle entrée de déambulation avec photos de publicités de toutes sortes. Rapidement, l’idée m’a dégoûtée. Je déteste les blogs remplis de pubs, surtout lorsque celles-ci s’intègrent au contenu. En marchant sur la chic Plazza St-Hubert, j’ai préféré photographier les plus pauvres publicités du lieu, celles « home made » par les commerçants eux-mêmes au-devant de leur commerce. Accrochés aux plus belles vitrines, des mannequins de toutes sortes, des collages involontairement rétros, et plus souvent l’étalage de nombreux cossins inutiles. Plutôt que de donner une voix aux publicités trop concept et beaucoup trop largement diffusés à travers la ville, je préfère rassembler ici les quelques vitrines qui se sont imposées sur mon chemin, me donnant à voir des trésors urbains tels des robes de mariées des années ’80, des bibelots angéliques, des habits de travail, des œufs marinés, des chaussures de putes, des perruques aux coupes indéfinies, des faux aquariums, des Vierge Marie éclairées au néon, et j’en passe. Montréal, c’est aussi de la guenille, du cossin et de la cochonnerie que l’on place derrière une vitre bien lavée comme pour remonter leur statut. Vous me direz qu’une cochonnerie en vitrine reste une cochonnerie, mais des cochonneries derrière des vitres photographiées puis publiées dans un blog, alors là ! Glamour, n’est-ce pas ? Bien plus qu’un casse-tête, ça oui !

Pour la fin, la belle vitrine de mon lieu de travail que je quitte dans quelques semaines, question de terminer le tout avec du beau.

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